Il ne faut pas confondre les « caprices » liés à l'alimentation et les troubles alimentaires. Il est compréhensible de plus ou moins manger en situation de stress, d'avoir des habitudes alimentaires hors de l'ordinaire ou de suivre des principes nutritionnels (exemples : suivre un régime végétarien ou végétalien). Si ces habitudes alimentaires n'entraînent pas un amaigrissement qui pourrait être dangereux pour la santé, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Dans le cas contraire, la personne est sûrement atteinte de troubles alimentaires.
L'anorexie n'est pas qu'une histoire de poids, c'est une véritable maladie qui détruit autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Elle ne doit jamais être prise à la légère car elle peut avoir des conséquences très graves sur l'organisme.
L'anorexie touche aujourd'hui des adolescents de plus en plus jeunes et principalement les filles.
La plupart des adolescentes nient leur maladie et ne consultent aucun médecin malgré leur affaiblissement physique.
Elles refusent toute aide proposée, persuadées qu'elles sont en bonne santé.
Le « culte de la minceur » conduit les jeunes filles à se préoccuper de plus en plus tôt de leur poids. Elles ont comme principal objectif d'être aussi minces que leurs idoles.
L'anorexie traduit le plus souvent une souffrance psychologique souvent ignorée par les familles. Elle est liée à un manque de confiance en soi et d'affection et permet aux jeunes filles en plein mal-être de se faire remarquer par leur entourage. Elle peut être aussi liée à une hyperactivité intellectuelle, un hyper-investissement scolaire ou encore à une humeur dépressive. Elle apparaît souvent peu après la puberté lorsque l'adolescente ne gère pas son passage vers l'âge adulte. Elle entreprend alors un régime amaigrissant, souvent non justifié par un médecin, et tombe peu à peu dans l'anorexie...
La plupart du temps, un tiers des anorexiques s'en sort sans troubles psychologiques et en ayant retrouvé un poids normal. Un deuxième tiers garde des anomalies du comportement alimentaire, des restrictions, des crises de boulimie, un mal-être persistant ou encore une vie affective difficile due à cette maladie. Le dernier tiers évolue vers une dénutrition grave et une dépression. Au bout de dix ans, 5% à 15% de ces personnes finissent par mourir et 20% au bout de vingt ans. Mais les troubles alimentaires sont de mieux en mieux connus des médecins généralistes, psychiatres et diététiciens qui les traitent donc de mieux en mieux au fil des années. Pour éviter que ces chiffres inquiétants n'augmentent, il faut donc être vigilant vis-à-vis de son entourage, plus la prise en charge est précoce, plus elle est efficace.
Voici deux témoignages qui montrent bien le calvaire que peut engendrer l'anorexie. (Témoignages recueillis du magazine « Top Santé » n°158)
Témoignage de Natalie
« Je ne sais comment guérir la tristesse et l'angoisse. Je n'ai aucun contrôle sur ces voix dans ma tête. Il n'y a qu'une seule chose que je contrôle, c'est mon poids. L'image que j'ai de moi dépend des chiffres de la balance. Lorsqu'ils baissent, je me sens bien. J'ai abandonné le traitement où l'on me soignait par sonde nasale. Je ne supportais pas de voir les kilos revenir. J'ai commencé à me mutiler, je me sentais encore plus mal que lorsqu'il n'y avait que l'anorexie. Quand la douleur devient trop grande, je m'affame pour retrouver cette sensation de contrôle, illusoire mais réconfortante. Si j'avais une autre manière de faire face à la dépression, je pourrais guérir. L'anorexie est devenue une partie de ma personnalité. Je suis maintenant dans une chaise roulante, c'est la conséquence de tant d'années de famine. Dans dix ans, je ne serai plus là. Sans l'anorexie, cela fait longtemps que je ne serais plus là. »
Témoignage de Rebecca
« Je viens juste de regarder mes os. Cela m'occupe plusieurs heures par jour. J'ai remarqué que mes fesses sont plus grosses qu'hier. Cela me dégoûte. Suis-je dingue ? J'ai 25ans et je me sens terriblement fatiguée. Ma vie tourne autour de la nourriture. J'aime regarder les autres manger, mais je n'arrive pas à me convaincre de faire comme eux. Je mange très peu et quand cela m'arrive, je savoure à fond. Je lèche chaque petit grain de sel ou paprika sur mon morceau de chips, que je grignote ensuite par minuscules bouchées. Je ne mange qu'après avoir tout minutieusement planifié.... En plus de l'anorexie, je souffre aussi d'une phobie de la contamination. Cela va un peu mieux maintenant, l'année dernière je nettoyais de 6h30 du matin jusque tard le soir. Comme pour l'anorexie je ne peux rien y faire. La maladie a pris le contrôle de ma corps et de mon esprit. Même l'idée que je peux en mourir n'arrive pas a m'arrêter. Je continue à m'affamer, je fais énormément de sport, je fais tout pour atteindre les quarante kilos. Quand je suis maigre, tout va beaucoup mieux. Maigrir, est la seule manière pour moi de me sentir bien, m'affamer est mon grand talent. Quand les gens me disent que je suis maigre et que j'ai l'air malade, je me sens très fière. Je ne sais plus très bien comment je suis devenue anorexique. Je me souviens seulement que quand j'étais enfant, je me servais de la nourriture comme d'une arme. Quand je refusais de manger, j'obtenais l'attention de mes parents... Je sais que j'ai des idées tordues mais il y a personne pour me dire d'arrêter. Je vois très peu de monde. Je vis dans mon petit univers à moi. Lorsque quelqu'un essaie de m'approcher, je le repousse. J'ai déjà cherché plusieurs fois de l'aide, mais toujours sans résultat. Il paraît qu'on a déjà fait la moitié du chemin quand on reconnaît qu'on a un problème. Si c'est vrai, alors cela fait déjà sept ans que je suis a mi-chemin. »
Conversation avec une adulte anorexique rencontrée sur Internet
- Comment cela est arrivé ? a commencé ?
Disons que étant petite, j'étais plutôt ronde, un gros bébé
puis, vers les 8-9 ans, je me suis affinée
et je suis devenue une adolescente mince.
Il y a 9 ans, j'ai rencontré un homme
avec qui j'ai eu une histoire plutôt compliquée (il était marié)
et là, j'ai commencé à maigrir petit à petit.
Au fil des années je devenais maigre.
- Votre ami vous le demandait?
Non, pas du tout, il était bon mangeur et m'incitait à manger plus.
Je mesurais 1.68m et je me suis retrouvée avec un poids de 39kilos.
- Pourquoi vous priviez vous ainsi?
Je disais donc que je sautais les repas et en fait je me sentais mieux le ventre vide.
- Vous n'aviez jamais faim? Jamais envie d'avaler un petit truc!??
Si, mais on n'y pense plus et ça passe.
- Et comment vous êtes vous rendue compte que ça devenait de l'anorexie!? (ou les autres s'en sont rendu compte!?)
Je vivais en Espagne à l'époque. J'étais arrivée à un tel point de désespoir (j'avais une forte dépression) que j'ai demandé à ma mère de venir quelques jours .
J'avais une amie qui me disait que j'étais anorexique mais je n'y croyais pas une seconde.
- Et c'est donc votre mère qui vous a ouvert les yeux?
Pas du tout ! Elle était convaincue comme moi que je ne l'étais pas.
Je mangeais le midi normalement mais je ne mangeais pas le soir ou vraiment rarement.
J'avais des crises d'angoisse terribles principalement le soir ou après avoir mangé.
- Vous ne preniez pas de petit déjeuner?
Un fruit et un thé, rarement plus.
J'avais une peur atroce de vomir et cela me limitait encore plus dans mes repas.
- Vous n'aviez pas de crise de boulimie?
J'avais parfois tendance à manger trop de chocolat ou de douceurs mais jamais à n'en plus pouvoir.
Comme je t'ai dit je suis une anorexique atypique :
donc pas de boulimie, pas de potomanie et pas de vomissements provoqués,
pas de tri d'aliments non plus.
Aucun calcul de calories, je suis au contraire gourmande !
- Et entre votre dîner et le moment où vous alliez vous coucher vous ne mangiez plus rien?
Non surtout pas, j'avais tellement peur de vomir !!!
- Comment avez vous découvert la maladie?
En fait ma mère qui était venue pour quelques jours est restée 9 mois !!!
Elle a essayé de me convaincre de rentrer en France et j'ai finalement cédé.
A mon retour, j'ai acheté des bouquins sur les T.O.C. et les phobies car pour moi, la raison de tout était ma peur de vomir.
En lisant un livre, j'ai été convaincue par l'auteur (un grand psychiatre parisien) j'ai donc pris un rendez-vous avec lui.
Il m'a d'entrée proposé une hospitalisation afin de déterminer le problème.
J'ai accepté avec bien du mal (un séjour en hôpital psychiatrique c'est effrayant !!!)
Je suis rentrée dans une unité d'observation comportementale.
- Ca doit être horrible mais tellement bénéfique, non?
Oui, mais pas tout de suite.
Je me suis retrouvée avec des squizos, des alcolos et des anorexiques.
Mais, c'est terrible d'être avec des gens qui se maltraitent physiquement à ce point.
En fait, je ne faisais pas mieux qu'eux.
- Vous vous rendiez compte que vous étiez dans un cas extrême?
Non, parce que j'avais encore mes cheveux, mes règles et pas de carence contrairement aux autres filles qui avaient l'air de suivre un traitement de chimio ou étaient en phase terminale d'un cancer, c'était terrible !!!
Finalement, on ne ressemble plus à rien...
Il y avait une fille qui se faisait vomir jusqu'à l'arrêt cardiaque, ça l'amusait...elle en voulait tellement à sa famille que c'était son moyen de vengeance pour les faire flipper !!!
Elle téléphonait en cachette à sa mère (son pire ennemi bien qu'elle n'en sache rien) et à chaque fois qu'elle avait parlé à sa mère, elle se faisait vomir et essayait de me refiler sa nourriture en cachette.
J'ai fini par la dénoncer pour son bien.
Tu sais quand tu es dans un programme comme ça on coupe les relations avec l'entourage pour qu'aucune influence puisse interférer dans le traitement.
- Vous n'aviez droit à aucun coup de téléphone ni rien
c'est bien ça!?
Alors pas de téléphone, pas de courrier, pas de sortie, pas de visite... et dans mon cas même pas de jeux. Je restais enfermée dans ma chambre toute la journée si je n'avais pas assez grossi.
- Qu'est ce que tu faisais de tes journées?
Rien, je n'avais pas le droit à la télévision non plus, je lisais c'est tout ce que je faisais et je fumais (ça j'avais le droit mais sous surveillance).
Je suis restée 3 mois et j'ai quand même pris mes 10 kilos.
- Tu ne les as pas reperdu quand même!??
Non ! Je pèse 51 kilos, je suis mince mais je suis de nature mince.
Dès que je descends trop, je reprends du poids, je surveille mon poids car je sais que c'est important.
- Quelle a été la réaction de ta famille!?
Ma famille est restée plutôt cool.
Ma soeur (qui est un amour) venait régulièrement m'apporter des affaires et des petits cadeaux.
Elle laissait tout ça aux infirmières qui triaient tout et enlevaient les petits mots d'encouragement que ma soeur cachait.
- C'est injuste, c'est terrible !!
Oui, mais comme j'ai un peu triché c'était pas grave.
J'avais caché mon portable.
J'avais envoyé un sms à ma soeur en lui expliquant que ma fenêtre donnait sur l'entrée du personnel.
Alors elle venait et on communiquait en écrivant sur des feuilles ou en faisant des mimes.
- Tu avais quel age?
J'avais 30 ans et j'en ai 34 maintenant.
- Ca faisait déjà quelques mois que tu étais en poids insuffisant?
Quelques années je dirais.
- Et comment tu te nourris maintenant?
Normalement, je mange dans un restaurant d'entreprise le midi et le soir chez moi, je mange équilibré et je ne me prive de rien.
- Et tu ne prends pas de petit déjeuner?
Si, mais je le prends en général a la cafeteria avec mes collègues,
mais en fait je préfère le prendre chez moi ; je mange en général une banane avec un thé et un actimel.
- Quel est ton poids et ta taille maintenant?
1.68m (j'ai pas grandi dommage) et 51 kilos.
- Tu suis encore des séances de psy c'est bien ça!?
Oui, et je suis encore sous antidépresseur (un demi cachet par jour).
- T'as jamais eu honte de ta maladie?
Non, jamais !
Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
- J'adore aider les gens.
J'ai donc décidé de prendre le problème de l'anorexie
pour essayer de mieux vous comprendre.
J'avais déjà vu des émissions de TV (de Delarue) et cela m'avait beaucoup touchée.
Tu peux ajouter qu'il y a un taux de mortalité de 50 %. Peu de gens le savent
Donc une fille sur 2 en meurt.
Tu sais, la fille avant moi dans ma chambre d'hôpital est morte et la suivante à essayé de se suicider, je me considère comme une grande chanceuse. Je pense que j'ai été assez forte pour m'en sortir hélas ce n'est pas le cas de tout le monde.
- Oui et franchement je tiens encore à te féliciter car tu as fait preuve non pas de chance mais de courage!! cette maladie est un gouffre et je t'en courage a maintenir ton poids.
-Encore un tout grand merci pour ton attention et ta générosité!!
Comme prévu, je t'enverrai une copie de mon travail!
Je te souhaite bonne chance pour ton dossier et si tu as encore des questions n'hésites pas!
- Gros bisous
Bonne soirée bisous !
- Merci
Avis personel:Comme vous pouvez le constatez vouloir perdre du poids a tout pris peut etre tres dangereux si vous tenez a faire un regime consultez un spécialiste qui vous indiquera les demarches a faire pour atteindre votre objectifs!
MAIS DE RISQUEZ PAS VOTRE VIE POUR VOTRE IMAGE VIS A VIS DES AUTRES!!!!